Le retour de la famille royale de Varennes à Paris, s’effectua en quatre jours avec des haltes, pour la nuit, dans les villes de Châlons, Dormans et Meaux. Le trajet fut long et difficile, ralenti ou interrompu par les paysans en colère, les manifestants qui lançaient aux fugitifs des quolibets hostiles. C’est à Épernay que le cortège royal fut rejoint par les commissaires de l’Assemblée (Barnave, Pétion et Latour-Maubourg), chargés « de protéger la personne du roi, de l’héritier présomptif de la couronne, et spécialement de veiller à ce que le respect dû à la dignité royale fût maintenu ». Puis c’est à Bondy que le Garde nationale, dépêchée pour escorter le roi jusqu’à Paris, s’ajouta au convoi. La berline arriva ici par le nord-est, à proximité de la barrière du Roule, après avoir suivit un itinéraire détourné par la rocade des grands boulevards. Ainsi, elle évita les faubourgs populeux de l’est et la rue Saint-Martin, et atteignit directement le Palais des Tuileries en suivant l’ancien chemin de Neuilly et les Champs-Élysées, quartiers beaucoup moins denses. On avait affiché dans les rues : « Quiconque applaudira Louis XVI sera bâtonné ; quiconque l’insultera sera pendu ». C’est donc dans un silence lourd de menace que le roi, maintenant « prisonnier » de son peuple, retrouva la capitale.
La Révolution française, Le Premier Empire, dessins du musée Carnavalet, édité par les amis du musée Carnavalet, 1988.
Arrivée du roi à Paris au retour de Varennes. Barrière du Roule, le 26 juin 1791
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