Fils de cafetier, Pottier débute sa carrière comme boulanger et voyage à travers la France et l’Espagne jusqu’à la fin du XIXe siècle. Ce n’est que vers 1898 qu’il s’installe définitivement à Paris. Si Eugène Atget est considéré comme le pionnier de la photographie documentaire, il ne faut pas occulter toute une partie de ces artisans qui ont produits une iconographie importante sur le patrimoine de la capitale. On peut ainsi citer les photographes qui ont officiés à la Commission du vieux Paris à partir de 1898 : Ferdinand Roux, l’Union Photographique Française, Jean Barry, Henri Godefroy, Berthaud Frères, Albert Brichaut… L’engouement est tel que cette institution organise des concours entre 1903 et 1907, obtenant un certain succès.
En marge de ces évènements, il existe des opérateurs conscients de ce patrimoine urbain, s’abreuvant des lectures d’Albert Robida. Pottier en est le parfait exemple. A partir de 1899, le musée Carnavalet fait l’acquisition d’une première série de photographie. Les thèmes, que ce soit le vieux Paris pittoresque ou les motifs décoratifs, sont similaires à ceux d'Atget. Pottier publie ces œuvres en cartes postales avec la mention "Collection du Vieux Paris Pittoresque & Artistique", à l’heure où la carte postale est en plein essor. Par la suite il proposera ces clichés à la Bibliothèque historique de la ville de Paris.